La salle de concert dijonnaise a soufflé en 2025 sa trentième bougie. Depuis toutes ces années, nombre de groupes « rock-indés » de Radiohead à Phoenix… ont foulé le sol du club mythique et encore aujourd’hui fort heureusement la tradition perdure. Le double plateau débute avec le duo americano-canadien Gus Englehorn. Accompagné par son épouse Estée Preda officiant à la batterie et aux choeurs, l’ancien snowboarder a tracé son chemin depuis Death & Transfiguration paru en 2020. Le folk dépouillé des débuts a vu sa sonorité évoluer vers un rock garage habité et envoutant à l’image de Dungeon Master ou encore à travers The Hornbook dernier opus en date paru en janvier dernier. Celui-ci sera mis en avant lors de la prestation intense du duo qui débute le set par la reverb très 60’s de The Whirlwind’s Speaking. Passé le quasi grunge Tarantula et le garage rock tonitruant de One EyeJack Pt 1 and 2, Gus et Estée ont le don pour surprendre leur auditoire en proposant des titres plus mélodiques mais néanmoins accrocheurs tels que The Itch ou encore la ballade chevaleresque Roderick Of The Vale. C’est avec un nouveau morceau inédit d’un futur album en préparation toujours sous la houlette de Paul Leary des Butthole Surfers que le duo vient nous saluer et passer le flambeau aux anglais de Porridge Radio après un set d’une intensité redoutable.
Groupe phare de la scène indie-rock de ces dernières années, le groupe britannique mené par la charismatique Dana Margolin a fait couler beaucoup d’encre en début d’année dans les tabloïds spécialisés en annonçant la dissolution du groupe à la fin de la tournée. C’est donc avec une saveur particulière que le collectif issu de Brighton va délivrer ce soir les morceaux du dernier opus Clouds In The Sky They Will Always Be There For Me débutant d’ailleurs par le déchirant Sick Of The Blues plongeant le club de la vapeur dans un torrent émotionnel baigné d’électricité. Il y a de ces moments suspendus dont on aime être témoin. On pense à la sublime ballade Don’t Want To Dance tout comme Hole In The Ground et ses faux airs de berceuse. L’émotion est palpable au sein du groupe mené par une Dana Margolin survoltée lorsqu’il s’agit de replonger dans des morceaux plus électriques à l’image de 7 seconds et Back To the Radio. Le moment du rappel arrive avec la ballade acoustique Waterslide, Diving Board Ladder To The Sky issue de l’album du même nom ne laissant personne indifférent. Afin de clore le chapitre de 4 albums et de presque 10 années à tourner activement, le groupe nous dit adieu à sa façon dans une déflagration sonore portant le doux nom de The Rip. Difficile d’imaginer de ce qui adviendra de la formation qui semble pourtant plus soudée que jamais. Qui sait peut-être un jour le phœnix renaitra de ses cendres.
Johan Perrin.